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Couple

Une homosexuelle se raconte

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Cette semaine, on rencontre Anne, une femme homosexuelle qui nous raconte son univers.

Les premiers sentiments amoureux

Anne est âgée de 29 ans et vit avec sa copine depuis environ un an. Elle dit ne pas toujours avoir été consciente de son homosexualité, contrairement à plusieurs qui le savent dès l'apparition des sentiments amoureux.

« J'ai découvert vers l'âge de 17 ans une certaine attirance pour les filles. [...] J'ai vécu une déception amoureuse avec un gars et j'ai eu le goût d'essayer quelque chose de nouveau. C'était clair, pour moi, une expérience avec une fille, c'était purement sexuel à cette époque. »

À l'adolescence, Anne a expérimenté les relations hétérosexuelles, mais la curiosité l'a guidée vers des rencontres homosexuelles. Comme la sexualité était à l'avant-plan, les sentiments amoureux sont apparus un peu plus tard.

« Mon copain me laissait coucher avec des filles.[...] J'ai rencontré une fille, ce fut le coup de foudre. Elle était tout ce que je voulais... mais c'était une fille. J'ai laissé mon copain pour elle... C'était un peu dur pour moi, car je ne pensais jamais pouvoir ressentir quelque chose pour une fille. En fait, au fond de moi, je n'en avais pas envie. Je voulais être normale. Cette personne a été un déclic et à ce moment, j'ai su qui j'étais vraiment. »

Être acceptée dans sa différence

À 17 ans, il semble que la normalité soit d'être hétérosexuel. Quand les amies n'ont d'yeux que pour les mecs de la classe, ce n'est pas toujours facile d'avouer sa différence.

« Je ne voulais pas décevoir mes amis ou, pire encore, mes parents. Je voulais être comme tout le monde. Tous mes amis étaient hétérosexuels. Mais avec elle, j'ai appris à écouter ce qu'il y avait au fond de moi. Ce n'était pas une perception de soi, mais plutôt des pulsions incontrôlables. »

Afin de connaître la réaction possible de son entourage face à son homosexualité, Anne a longtemps prétendu être bisexuelle. Elle était tout de même convaincue qu'aucun autre garçon n'entrerait dans sa vie amoureuse. Elle savait très bien qu'elle était entièrement attirée par les filles.

Sortir du placard

Après quelque temps à vivre avec son secret, Anne a levé le voile sur son homosexualité. Elle a d'abord mis les cartes sur table avec ses parents.

« Je n'ai pas eu le choix, ma copine venait dormir chez moi et ma mère s'en est rendu compte. J'ai donc dû avouer à mes parents que j'étais en couple... avec une fille [...] Ma mère a mal réagi. Elle était déçue que je ne sois pas « normale », déçue de savoir qu'elle ne pourrait jamais être grand-mère [...] Elle avait peur pour moi, peur du jugement des autres, peur que les gens ne me mettent à l'écart. Je suis la seule dans la famille... Elle n'avait jamais vraiment connu de personnes homosexuelles.»

La mère d'Anne a compris que le plus important était que sa fille soit heureuse. Elle s'est tranquillement faite à l'idée que l'amour avec un gars ou avec une fille, c'est la même chose.

« Si on trouve la bonne personne et qu'on l'aime, pour moi son sexe ne compte pas. Ma mère m'aime plus que tout, donc elle a accepté très vite que je sois heureuse ainsi! »

Ensuite, Anne a annoncé son orientation homosexuelle à sa meilleure amie. Tout s'est vraiment bien déroulé, Anne avoue avoir eu plus de peur que de mal. Elle avait un peu laissé tomber son cercle d'amis de l'époque, mais lorsqu'elle les a retrouvés quelque temps après, ils étaient tous heureux de son bonheur et personne n'a porté de jugement.

L'homophobie en déclin

Pouvons-nous considérer que l'homosexualité est moins taboue qu'auparavant?

« Oui, les gens acceptent plus. J'ai été chanceuse, j'ai suivi le courant de la forte hausse de bisexualité un peu partout, cinéma, artiste, pub... C'est devenu comme une mode. »

Anne perçoit une belle évolution dans notre société, car elle n'a jamais été victime d'homophobie. Elle considère tout de même que ce sont plus souvent les garçons qui en sont victimes. C'est un peu difficile d'y établir un lien de cause à effet, mais Anne croit que les lesbiennes font plus souvent partie de l'univers érotique des gens que les hommes gais. Plusieurs personnes vont davantage fantasmer sur deux filles qui s'embrassent que sur deux hommes ensemble.

La parade gaie

À la suite de la constatation que la société d'aujourd'hui accepte beaucoup plus l'homosexualité qu'auparavant, Anne mentionne qu'elle parle ouvertement de son orientation sexuelle sans toutefois le crier sur les toits. Si quelqu'un le lui demande, elle lui dira la vérité. Par contre, elle ne participe pas aux festivités de la parade gaie.

« Je suis contre ça. C'est ce genre de chose qui, selon moi, met une barrière. Est-ce qu'il y a une parade d'hétérosexuels? Les homosexuels veulent être comme tout le monde, mais ils ont tendance à se mettre eux-mêmes à part... C'est une chose que je ne comprends pas. Pourquoi des olympiques gais... si on a déjà des jeux olympiques? En quoi la sexualité a rapport? [...] Ce n'est pas représentatif des homosexuels. Quand je travaille, quand je sors, je suis comme tout le monde! [...] Si on nous met toujours de côté, on ne pourra jamais avancer! Et tout le monde aura toujours peur de dire qui il est vraiment. »

Se marièrent, vécurent heureux...

Il n'y a pas si longtemps, le Québec a autorisé le mariage homosexuel. J'en profite pour en glisser un mot à Anne afin de connaître son opinion sur le sujet.

« Je crois qu'à la seconde où deux personnes s'aiment vraiment, elles ont le droit de se marier. Qui peut juger l'amour? [...] Ma copine et moi, on s'est fiancées il n'y a pas très longtemps. Ce n'est pas tant le mariage qui est important, c'est la preuve d'amour. Quoi de mieux que de dire à quelqu'un qu'on est prêt à passer le reste de sa vie avec lui... »

Le désir d'avoir des enfants

L'homoparentalité est un sujet d'actualité. Il existe une panoplie de débats sur la question et j'ai demandé à Anne si fonder une famille faisait partie de ses plans de vie.

« Oui, je me suis inscrite sur une liste dans une clinique privée de fertilité. Nous envisageons d'avoir un enfant ensemble. [...] En fait, j'attends toujours mon premier rendez-vous, il y a une liste d'attente de plus de 6 mois. »

Anne et sa copine envisagent l'insémination et c'est Anne qui portera l'enfant. Le choix s'est établi selon l'âge (elle est un peu plus vieille que son amoureuse) et la stabilité de l'emploi. Sa copine portera le deuxième enfant. Sa mère n'a donc pas mis une croix sur son rêve d'être un jour grand-maman!

Le respect

J'ai demandé à Anne quelles étaient les valeurs qu'elle voulait transmettre à ses enfants.

« Respect, honnêteté, les bonnes valeurs familiales... Surtout le choix d'être ce qu'ils veulent, on va toujours être là, et c'est important qu'ils le sachent. Comme n'importe quels parents, on ne veut pas qu'ils souffrent ou qu'ils soient rejetés... »

Dire ou ne pas dire?

En terminant, Anne a un message pour ceux et celles qui hésitent à avouer leur homosexualité...

« Je me considère comme une personne normale. On parle souvent de douleur, harcèlement, rejet et de mauvaises choses qui arrivent quand on est homosexuel, mais je pense que je suis un des nombreux exemples qui prouvent que tout peut très bien aller quand on se découvre et qu'on dit qui on est vraiment. On doit retenir qu'il n'y a pas que du mauvais... Si on reste qui on est, forcément on sera heureux.»

Quand on a un enfant homosexuel

... Et aux parents qui doutent de l'homosexualité de leurs adolescents... Est-ce mieux de prendre les devants ou de les laisser nous en parler?

« Poser des questions ne peut pas nuire, mais selon moi ça doit venir de lui-même. C'est surtout important que les parents ne jugent pas. Pour ma part, je suis toujours très proche de ma mère, quand mon père parle de moi, il dit que je suis lesbienne. Ils sont fiers de la façon donc j'ai évolué et ils voient que je suis heureuse. »

L'homosexualité interdite

Malgré le fait que l'homosexualité est de plus en plus acceptée à travers le monde, il reste beaucoup de travail. Il existe encore 76 pays où l'homosexualité est passible d'une peine d'emprisonnement et cinq autres où la peine de mort est la seule option possible. Il ne faut donc pas baisser les bras et poursuivre la sensibilisation contre l'intimidation et l'homophobie.

Merci Anne d'avoir partagé votre histoire avec nous!

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