Des commentaires sur les influenceuses, on en voit partout, tout le temps. Et on peut se le dire sincèrement : ils ne sont pas très souvent positifs. D’ailleurs, je ne connais pas le nombre exact de messages négatifs que j’ai pu lire sur les réseaux sociaux. Assez pour me brûler les rétines et me fouler les yeux à force de eyeroller. Ça, c’est certain.
La superficialité arrive dans le top quatre des sujets mis de l’avant à propos des influenceuses, avec le manque d’intelligence et aussi, l’hypersexualisation des corps. Ces corps trop montrés, ayant supposément une influence ô combien mauvaise pour les jeunes. En quatrième position : leurs carrières sur les réseaux sociaux seraient moins valables que d’autres emplois.
Si on prend le temps de décortiquer un peu ces quatre aspects, on arrive très vite vers deux choses pas très étonnantes : de la misogynie et du sexisme.
Évidemment, pour plusieurs, c’est effectué d’une manière inconsciente. C’est d’ailleurs le cas lorsque des femmes* jugent d’autres femmes* sur ces aspects.
Elles font preuve de misogynie internalisée, c’est-à-dire qui est acquise automatiquement à cause du contexte social. Il ne faut pas oublier que nous sommes bel et bien dans une société sexiste et misogyne, et donc, que tout le monde est conditionné à penser de cette manière. Oui oui, tout le monde sans exception!
C’est donc hyper important de déconstruire ces idées négatives pour arrêter de les propager.
Premièrement, pourquoi est-ce qu’elles sont qualifiées comme étant superficielles ou encore moins intelligentes? À cause qu’elles publient des photos d’elles-mêmes a.k.a. des selfies, qu’elles peuvent aimer le maquillage, la mode, les produits pour les cheveux? Parce que leurs propres personnes sont mises de l’avant?
Mais en quoi est-ce synonyme de superficialité et d’intelligence inférieure, tout ça? Dans les faits, aimer le maquillage et se prendre en photo, ça n’indique en rien la personnalité, les connaissances et les capacités mentales de qui que ce soit.
Et puis, as-tu remarqué à quel point ce qui est jugé concerne ce qui socialement catégorisé comme étant « pour les femmes »? Et oui! Le traitement réservé aux influenceurs est complètement différent.
L’argument de l’hypersexualisation, lui, revient constamment, même dans le milieu féministe. Les explications sont simples : les corps moins habillés constitueraient un mauvais exemple.
Sauf qu’ici, on blâme encore une fois les femmes et leurs corps pour les problématiques sociales.
Le problème, ce n’est pas la présence d’une craque de seins ou d’un ventre sur une photo. Le problème, c’est que les corps sont présentés comme étant des objets sexuels servant à plaire aux regards des autres.
Ça vient directement créer un gros tabou autour des corps, mais aussi une désinformation. Il faut cesser d’associer la nudité à la sexualité, tout comme il faut arrêter de vouloir gérer les corps d’autrui.
On revient toujours vers le même problème, d’un côté comme de l’autre : on dicte ce que les femmes doivent faire de leurs corps, alors que ce qu’il faut faire, c’est de respecter ce qu’elles souhaitent faire avec leurs propres corps.
En y réfléchissant ici aussi, on peut constater que les hommes sur les réseaux sociaux ne sont pas du tout jugés de cette manière. Mais alors là, pas du tout!
Des réflexions comme « Un homme torse nu sur une photo, oh là là, quel mauvais exemple pour ces jeunes! On voit son torse, SON TORSE! Comme il est superficiel et stupide cet homme » ne sont absolument pas communes. Même qu’elles semblent ridicules, tellement ça semble incohérent et illogique. Si ça semble si peu pertinent pour les hommes, alors pourquoi ces jugements sont acceptés pour les femmes*?
Ces jugements et cette haine doivent être déconstruits. Avoir une carrière sur les réseaux sociaux, c’est entièrement respectable, tout comme le fait de publier des selfies.
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